Les autres gothiques américains

• Si Les contrebandiers de Moonfleet (Moonfleet) n’aborde que modestement le thème du surnaturel — qui plus est dans le registre de l’imaginaire et du « surnaturel expliqué » (selon cette expression relative à la littérature gothique) —, il n’en comporte pas moins des éléments gothiques majeurs : une terrifiante malédiction, des disparitions attribuées à la vengeance d’un revenant, d’inquiétants contrebandiers, un cimetière ancien et son macabre sous-sol, un vieux manoir en ruine, etc. Le roman à l’origine du film date de 1898, un an après la publication du Dracula de Bram Stoker.
Peintre de formation et vétéran du cinéma expressionniste allemand, le réalisateur Fritz Lang (1890-1976) exploite parfaitement la part d’ombre de ce récit qu’il filme en 1954. L’atmosphère gothique y est admirablement illustrée, à commencer par les vues nocturnes du cimetière et de son impressionnante statue.

       

• William Castle (1914-1977) s’est fait connaître grâce à son cinéma d’épouvante. Mais on ne pense pas à lui lorsqu’il est question de gothique. En effet, House on the hauted hill (1959), et même The old dark house pourtant tourné avec la Hammer Film en 1963, ne sont pas des films gothiques. En 1961, William Castle fait tout de même une brève incursion dans l’imagerie propre à ce genre grâce à son Mr Sardonicus. L’action se déroule dans un château médiéval perdu dans l’est de la vieille Europe. On pense partir sur une histoire de goules et de jeunes filles qui disparaissent, mais ces dernières ne risquent guère plus que leur vertu, et le surnaturel laisse vite la place à des désagréments de ticket de loterie, de placébo et de maladie psychosomatique. Ce film mérite tout de même d’être évoqué, notamment pour quelques très belles scènes nocturnes dans un cimetière digne des grands moments de l’Universal.

       

Le puits et le pendule (The pit and the pendelum, 1990) de Stuart Gordon (1947) est peut-être le fleuron du cinéma gothique des années 90. En tout cas, il s’inscrit dignement dans la succession des adaptations d’Edgar Allan Poe par Roger Corman, avec une grande qualité des décors médiévaux et de leur éclairage. Les personnages et les situations évoquent la noirceur et la frénésie rencontrée dans Le moine (1796) ou encore Melmoth (1820).

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• Il n’est pas rare que les films gothiques situent leur action au tournant du XXe siècle, mais souvent en lien avec un passé plus lointain, médiéval de préférence. Le thème du musée de cire est propice à cette mise en abîme.
Masques de cire (Mystery of the Wax Museum) réalisé en 1933 par Michael Curtiz (1886–1962), puis son remake de 1953 L’homme au masque de cire (House of Wax) d’André De Toth (1912–2002) nous offrent de belles images de la ville tourmentées par des orages nocturnes.

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