Le gothique de l’Universal Studios

Crée en 1912 par Carl Laemmle — il y a plus d’un siècle ! —, Universal pictures s’orienta rapidement vers l’épouvante qui, dès les années 20, s’annonçait prometteuse. Ainsi, les fameux monstres de l’Universal (Dracula, Frankenstein, le loup-garou, etc.) occupèrent les affiches du début des années 30 jusqu’au milieu des années 50. Tant au niveau de son personnel que de ses influences artistiques, le lien entre ces productions et le cinéma expressionniste allemand des années 20 est indéniable.

• Comme dans le roman de Bram Stoker, on retrouve souvent, dans les adaptations au cinéma de Dracula, la partie la plus gothique placée au début, lorsque le jeune clerc de notaire séjourne au château en ruine du vampire. Le Dracula (Dracula) de 1931 ne fait pas exception. Le second environnement gothique du récit se situe à Carfax, l’ancienne demeure londonienne du vampire. Fidèle à la narration de Stoker, le reste du film relève de l’enquête policière.
Dans ce film de Tod Browning, les décors du château et ceux de la maison de Carfax sont quasiment identiques, d’une même facture médiévale. Leur gigantisme démesuré est tout à fait dans l’esprit gothique.
Quelques vues de nuit dans les bois, où se déplace lentement la « dame en blanc », sont à noter.

• Sorti en 1936, La fille de Dracula (Dracula’s Daughter) est une suite directe du précédent, reprenant l’action juste après la mort du comte. Bram Stoker n’ayant pas donné de suite à son roman, les scénaristes ont imaginé l’histoire de cette descendante, sans pour autant tourner le dos à la logique et à l’ambiance du récit initial. Les éléments gothiques sont au rendez-vous, notamment vers la fin où l’on retrouve le château inchangé.

Cimetière 01# Cimetière 03# Château intérieur 04#

• Ne s’embarrassant plus de continuité, la compagnie renoue ensuite avec le thème initial du roman de Bram Stoker (le vampire sournois opposé au bon professeur). Ce retour aux sources narratives s’accompagne malheureusement d’un abandon des références européennes et médiévales : tout se passe dans une bourgade rurale du Sud des États-Unis (le cercueil de Dracula n’est plus dans une crypte, mais dans un canal de drainage au bord d’un marais…). En matière de gothique, Le fils de Dracula (Son of Dracula), tourné en 1943, est le plus pauvre de la série. On y trouve tout de même le bois à la végétation sinistre et le cimetière fréquenté de nuit.

Etang 03#  Les bois 04#  Cimetière 04#

• En 1945 L’Universal réalise La maison de Dracula (House of Dracula) dont le scénario semble s’apparenter à ceux des serials de l’époque : hétéroclites et absurdes. Nous sommes très loin d’Ann Radcliffe. Et pourtant, nous sommes toujours dans le cinéma gothique, ne serait-ce que pour les ombres de formes inquiétantes masquant la lueur des bougies sur les vieilles pierres. Et puis surtout, le château est de retour !
Il faudra attendre 34 ans pour qu’une affiche de la compagnie porte à nouveau le nom de Dracula…

Château Exterieur 01#   Château interieur 06#   Château interieur 13#

Dracula (1979) [John Badham]
Van Helsing (2004) [Stephen Sommers]

• La tour de Londres (Tower of London, 1939)

Werewolf of London (1935)
The Wolf Man (1941)
Frankenstein Meets the Wolf Man (1943)
She-Wolf of London (1946)
The Wolfman (2010)

Frankenstein (1931)
The Bride of Frankenstein (1935)
Son of Frankenstein (1939)
The Ghost of Frankenstein (1942)
House of Frankenstein (1944)
Abbott and Costello Meet Frankenstein (1948)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s